Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture
Réduire la teneur d'ochratoxine A dans le café

Production et commerce du café

Introduction au marché du café

Généralités

Le café est une denrée importante sur le marché international. Jusqu'à la récente 'crise du marché mondial du café'1, il représentait, après le pétrole, la deuxième matière première commercialisée dans le monde. En 2000/2001, sa valeur d'échange était de l'ordre de 5,6 milliards de dollars E.U.2, contre plus de 12 milliards de dollars E.U. quelques années auparavant.

Dans plus de 50 pays en développement et sur plus de 5 millions d'exploitations, de 20 à 25 millions de familles (dont la majorité sont des petits producteurs) produisent et vendent du café. Dans plusieurs pays en développement, notamment en Afrique, le café constitue, en valeur, la part principale des recettes d'exportations.

La consommation mondiale de café dépasse, au total, 6 millions de tonnes par an. L'Europe est le marché le plus important, suivi des États-Unis et du Japon. D'après les estimations de l'Organisation internationale du café (ICO), les pays producteurs ont consommé 28 millions de sacs de 60kg durant la campagne agricole 2003/2004, soit environ 27% de la production mondiale. Les projections récemment établies pour la campagne mondiale 2005/2006 sont de l'ordre de 110 millions de sacs; ces estimations sont néanmoins très incertaines.3

Instabilité des prix

Comme toutes les denrées agricoles de base, l'offre de café peut varier sensiblement et entraîner une forte instabilité des prix. Les dix dernières années ont été symptomatiques de cycles de forte expansion et de récession. Les prix ont fortement augmenté à la fin des années 80 en raison d'une sécheresse au Brésil, avant de s'effondrer lorsque le système de quotas de l'OIC a été suspendu. Ils ont à nouveau grimpé en conséquence d'une réduction de l'offre (et de gelées au Brésil en 1994), puis ont fléchi sous l'effet d'un surplus en 1996. L'année suivante, le schéma s'est inversé et les prix ont atteint des valeurs record.

La crise actuelle du marché mondial du café qui a éclaté à la fin des années 90 lorsque les cours, en termes réels, sont tombés à leur plus bas niveau depuis plus de cent ans est survenue après ces diverses fluctuations. Le prix indicatif composé4 de l'OIC est passé de 133,91 cents la livre en 1997 à 51,91 cents la livre en 2003, ce qui est inférieur aux coûts de production marginaux et attribuable à une surabondance de l'offre, à un ralentissement de la demande et à une augmentation des stocks.

Prix du café (centimes de dollars E.U. la livre)

Les prix n'ont pas remonté depuis la fin des années 90 et l'offre a donc diminué, ce qui a récemment permis de les consolider. Les cours du café ont en réalité augmenté de 33% entre 2001 et novembre 2004, la production totale de la campagne agricole 2003/04 ayant plafonné à 6 millions de tonnes, soit le volume le plus faible depuis 1998/99. En décembre 2004, le prix composé du café a franchi la barre de 1 dollar E.U la livre pour la première fois depuis juillet 2000, bien qu'il ait récemment diminué de 5%

Changements structuraux

Lorsque les conditions d'offre sont 'normales', les prix du marché les plus élevés sont ceux des cafés suaves (mild) de Colombie, puis des autres cafés mild, et les arabicas et robustas nature du Brésil. Il y a peu de temps encore, le Brésil et la Colombie étaient incontestablement les plus grands pays producteurs, mais cette situation a changé dans les années 90 lorsque que Vietnam, du fait d'une augmentation de production, a remplacé la Colombie en tant que second producteur mondial de café en 1999/2000. À l'heure actuelle, ces trois pays assurent environ 60% du total de la production mondiale.

Outre les fluctuations provoquées par les chocs météorologiques, les changements structuraux majeurs du marché du café survenus récemment ont fait apparaître de nouveaux équilibres qui seront déterminants pour l'avenir de la production et qui influenceront très vraisemblablement de manière permanente la vie de millions de personnes dépendant du café pour leur subsistance. On peut ainsi citer:

  • la libéralisation du marché dans de nombreux pays producteurs qui s'est traduite par des systèmes de commercialisation nouveaux (et en évolution);
  • la nature de l'offre, notamment en ce qui concerne l'augmentation à la fois de la quantité et de la qualité des cafés brésiliens et vietnamiens;
  • l'adaptation de la technologie utilisée par les torréfacteurs afin de leur permettre de recourir plus largement aux arabicas et robustas nature moins onéreux;
  • la plus grande flexibilité des mélanges que font les les torréfacteurs en réponse à l'offre de café meilleur marché.

Marchés internationaux

La majeure partie des échanges internationaux concerne le café vert qui est en général transporté en sacs de 60 kilos ou de plus en plus souvent, en vrac dans des conteneurs. Il existe deux principaux mécanismes pour fixer les prix du café: i) les prix publiés par l'OIC qui indiquent les échanges commerciaux réels et où chaque contrat porte sur une qualité, une origine, une expédition, une monnaie et une destinations précises; et ii) les prix déterminés sur les marchés à terme qui reflètent les indicateurs de base du marché (production, consommation et stocks) et les outils techniques du commerce (opérations de couverture, tendances, etc.).

Les acheteurs négocient le café vert directement dans le pays producteur ou sur les marchés au comptant aux États-Unis ou en Europe; les deux plus grandes bourses du café où sont fixés les prix des transactions sont à New York (New York Board of Trade, NYBOT) et à Londres (International Financial and Futures Exchange, LIFFE).

Ces marchés à terme sont un moyen de gérer les risques dans la mesure où ils établissent une base pour déterminer le prix du produit pour le producteur, l'exportateur, l'expéditeur et le consommateur. Au départ, seules les compagnies du secteur de café intervenaient en général. Aujourd'hui, les fonds de placement jouent un rôle important dans ce domaine et les marchés à terme risquent d'accroître l'instabilité des cours internationaux du café. La preuve en est que le volume des échanges sur le marché mondial est dix fois supérieur à la production internationale.

L'avenir

Le problème immédiat, pour l'industrie du café, est de savoir comment consolider la conjoncture du marché qui s'est récemment améliorée pour éviter de revenir à des cycles préjudiciables d'expansion et de ralentissement. Les cours du café semblent avoir légèrement remonté mais le problème fondamental sous-jacent du surplus de l'offre subsiste.

La reprise est encore fragile et incertaine, et la majeure partie des pays producteurs et des planteurs continuent à lutter. Il est intéressant de noter que les exportateurs de café ont récemment souligné l'importance de privilégier le café de qualité pour stimuler la consommation.

La faiblesse persistante des prix, la baisse des revenus des producteurs et le manque d'incitations financières offertes par l'industrie pour améliorer la qualité du café sont toutefois des obstacles pour de nombreux caféiculteurs qui souhaiteraient investir dans leur production, ce qui se répercute inévitablement sur la qualité. Si l'on veut que la reprise du secteur soit durable, c'est l'un des problèmes qu'il faudra résoudre.


1 La 'crise du café' qui sévit à l'heure actuelle a été provoquée par l'effondrement des cours internationaux du café en 1998, souvent en deçà des coûts de production. Les cours n'ont pas remonté, ce qui a des conséquences catastrophiques pour des millions de producteurs de café dans le monde entier dont les revenus ont été laminés. La crise a engendré une augmentation de la pauvreté rurale, un manque d'investissements, des coûts d'éducation et de santé prohibitifs, et une instabilité sociale.

2 La valeur annuelle totale du café sur le marché de détail est beaucoup plus élevée que cela; d'après les estimations actuelles, elle serait de l'ordre de 55 milliards de dollars E.U. et les pays exportateurs n'en recevraient qu'environ 15%.

3 Deuxième estimation de la production mondiale de café, International Coffee Report, Vol. 19 (21), 4 avril 2005.

4 Il s'agit d'un prix composé pondéré calculé à partir des prix des trois catégories de café commercialisé – les arabicas mild de la Colombie, les autres arabicas mild, les arabicas et les robustas nature du Brésil.

© FAO, 2010