Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture
Réduire la teneur d'ochratoxine A dans le café

Le projet

Historique

Lutter contre la contamination du café par l'OTA

Séchage de la parche - Kenya
Au début des années 90, les autorités de l'Union européenne ont mis en œuvre un programme d'harmonisation des réglementations relatives aux mycotoxines dans les produits alimentaires qui comportait l'établissement de limites maximales d'ochratoxine A (OTA) dans le café. L'attention portée à la présence de cette toxine dans divers aliments, et dans le café en particulier, a fait réagir les divers acteurs de l'industrie du café.

L'industrie européenne du café a demandé à l'ISIC (Institute for Scientific Information on Coffee) de réaliser une étude expérimentale sur l'OTA dans le café (1996-1998) parallèlement à la mise en place d'un programme de contrôle des importations de café vert en Europe. Les axes de cette étude ont porté sur les systèmes de production de café, la croissance fongique et l'occurrence d'OTA dans six pays: le Brésil, l'Éthiopie, l'Inde l'Indonésie, le Kenya et le Venezuela.

Le projet mondial, "Amélioration de la qualité du café au moyen de la prévention des moisissures", qui a fait suite à l'étude expérimentale, a été spécifiquement conçu pour répondre aux préoccupations des autorités européennes à l'égard des niveaux d'ochratoxine A dans le café vert. La Commission européenne (CE) a demandé que des limites soient fixées sur la teneur d'OTA dans le café importé en Europe. Toutefois, en raison de la mise en place du projet mondial, la Commission a approuvé un moratoire initial de trois ans avant de décider d'imposer ou non des limites réglementaires.

L'élaboration et l'exécution de ce projet a réuni un large consensus dans tout le secteur du café. Les principaux acteurs de l'industrie du café et les organismes concernés par la salubrité des produits alimentaires dans le monde ont reconnu qu'il serait plus onéreux, et beaucoup moins efficace, de mettre en place un système de contrôle aux points d'entrée que de financer un projet visant à rechercher des mesures de prévention.

Mesure du taux d'humidité
du café mis en sac - Côte d'Ivoire
Les pays producteurs, quant à eux, s'inquiétaient de ce que l'introduction de limites sur la teneur d'OTA dans le café importé n'augmente sensiblement les taux de refus des expéditions, et n'entraîne des effets économiques négatifs. Selon les prévisions établies par la Fédération européenne du café, une limite maximale de 5* ppb sur le café vert pouvait entraîner un taux moyen de rejet d'environ 7%, ce chiffre pouvant aller jusqu'à 18% dans le cas de certains producteurs africains. Les gouvernements des pays producteurs ont donc été favorables à l'élaboration d'un projet qui les aiderait à développer leurs capacités en vue de réduire la teneur en OTA dans le café.

Le projet a été élaboré en collaboration avec l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Organisation internationale du café (OIC) et l'industrie européenne du café. Une fois approuvé par l'OIC, le projet a été soumis pour financement au Fonds commun pour les produits de base (CFC). Le financement nécessaire a été fourni par le CFC (2  586 000 dollars E.U.) et par un cofinancement du gouvernement des Pays-Bas (1 500 000 dollars E.U.) et de l'industrie européenne du café (367 000 dollars E.U.). Les contributions de contrepartie provenant des institutions d'exécution du projet se sont élevées, au total, à 1 789 000 dollars E.U.

Le Service de la qualité des aliments et des normes alimentaires (AGNS) de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture a été désignée comme organisme d'exécution du projet. Ce service est aujourd'hui responsable de coordonner l'exécution du projet mondial dans sept pays.

Partenaires du projet:

Les institutions suivantes participent, ou ont participé, à l'exécution du projet mondial:

  • Asociacion Nacional de Exportadores de Café (ANECAFE)
  • Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD)
  • Centro Nacional de Investigaciones de Café (CENICAFE)
  • Centre National de Recherche Agronomique (CNRA)
  • Coffee Board of Inde (CBI)
  • Empresa Brasileira de Pesquisa Agropecuária (EMBRAPA)
  • Empresa de Pesquisa Agropecuária de Minas Gerais (EPAMIG)
  • Indonesian Coffee Cocoa Research Institute (ICCRI)
  • Instituto Adolfo Lutz (IAL)
  • Kenyan Coffee Research Foundation (CRF)
  • Ministério da Agricultura, Pecuária e Abastecimento (MAPA) / Laboratório de Controle de Qualidade de Segurança Alimentar (LACQSA)
  • Ugandan Coffee Development Authority (UCDA)
  • Universidade Federal de Lavras (UFLA)
  • Universidade Federal de Viçosa (UFV)
  • Université de Surrey, RU

Pour obtenir les informations relatives aux liens et contacts, cliquez sur Partenaires du projet.

Outre le projet mondial, un groupe de travail de coopération européenne sur le café consacré à l'OTA (représentant la totalité du secteur du café en Europe et plusieurs organismes scientifiques ) a été institué pour informer la CE des dernières recherches. Les débats du Comité de l'OMS sur les mesures sanitaires et phytosanitaires alimentent également les délibérations en cours au sein de la CE visant à établir des limites réglementaires d'OTA dans le café torréfié et soluble. 1

Après conclusion des accords de projet entre toutes les parties, les activités ont été officiellement lancées en 2001. Le projet se clôturera par une réunion fin 2005 et les résultats seront diffusés au moment de la deuxième Conférence internationale du café qui se tiendra à Salvador (Brésil) en septembre 2005.


1 La CE a pris des dispositions réglementaires pour limiter la teneur d'OTA dans le café. Les dispositions suivantes seront en vigueur à partir du 1er avril 2005:

  • 5 ppb (= part par milliard ou µg/kg): limite maximale pour le café torréfié,
  • 10 ppb: limite maximale pour le café soluble (en poudre),
  • aucune limite n'a été fixée pour le café vert, mais la question sera étudiée d'ici juin 2006.
  • © FAO, 2010